Un salarié en arrêt de travail : l'attestation de salaire sous 5 jours
L'employeur a 5 jours pour transmettre l'attestation de salaire d'un arrêt de travail, 48 heures pour un accident. Ce que ça change si le salaire est maintenu en attendant.

Par Jérôme Knops
Publié le 2 novembre 2026 · 5 min de lecture

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La question part déjà rédigée, avec l'adresse de cet article.
Un salarié envoie son arrêt de travail un matin, par message à son responsable ou directement au bon service s'il y en a un. L'employeur a cinq jours, pas plus, pour transmettre l'attestation de salaire à l'Assurance Maladie en DSN événementielle, deux jours pour un accident du travail. Passé ce délai, ce n'est pas toujours l'entreprise qui patiente : c'est le salarié, ou l'entreprise elle-même si elle a maintenu son salaire en attendant d'être remboursée.
Ce que demande la loi
L'attestation de salaire est due pour tout arrêt de travail lié à une maladie, une maternité, une paternité et accueil de l'enfant, une adoption, ou un accident du travail et une maladie professionnelle, y compris pour un arrêt d'une seule journée.
Deux situations, deux horloges :
- L'Assurance Maladie verse directement les indemnités journalières au salarié. L'employeur transmet les éléments de salaire en DSN événementielle dans les cinq jours qui suivent la connaissance de l'arrêt.
- L'employeur maintient le salaire et se fait rembourser (la subrogation). Il doit transmettre dès réception de l'arrêt, au plus tard avec la DSN mensuelle du mois concerné : pas cinq jours de marge, mais le mois en cours.
Pour un accident du travail, le délai recommandé tombe à 48 heures. Un salarié qui cumule plusieurs employeurs reçoit une attestation de chacun d'eux, indépendamment des autres.
Pourquoi ce délai se perd sur le terrain
L'arrêt de travail arrive rarement en main propre à la personne qui gère la paie. Sur un chantier, il passe par le chef d'équipe avant de remonter au bureau. Dans un entrepôt, un chauffeur l'envoie en photo par message depuis la pharmacie. Chaque relais ajoute un jour, parfois deux, avant que le document n'arrive à qui doit le déclarer.
Dans une entreprise à plusieurs sites, ce relais se répète à chaque arrêt, avec autant de chances de perdre un jour en route. Le compteur légal, lui, démarre à la connaissance de l'arrêt par l'employeur, pas à sa réception par le service paie : un retard de transmission interne raccourcit d'autant la marge réelle.
Ce que coûte un retard
Sans subrogation, un retard de transmission retarde le versement des indemnités journalières au salarié : c'est lui qui attend son revenu de remplacement, pour un document que l'entreprise aurait pu envoyer plus tôt.
Avec subrogation, c'est l'entreprise qui avance l'argent plus longtemps. Prenons une entreprise d'une centaine de salariés, avec hypothèse de six arrêts par an couverts par la subrogation, un salaire net journalier moyen de 60 €, et un retard moyen de dix jours entre la réception de l'arrêt et sa transmission effective. Chaque cas prolonge l'avance de 600 € sur dix jours de plus que nécessaire : sur l'année, c'est jusqu'à 3 600 € qui restent immobilisés plus longtemps que si l'attestation était partie le jour même.
| Situation | Délai légal | Ce qui est en jeu |
|---|---|---|
| Maladie, sans subrogation | 5 jours après connaissance de l'arrêt | Le revenu de remplacement du salarié |
| Maladie, avec subrogation | Dès réception, au plus tard la DSN du mois | L'avance de trésorerie de l'entreprise |
| Accident du travail | 48 heures recommandées | La continuité des droits du salarié |
Trois gestes pour ne manquer aucune échéance
- Dater la réception le jour même, quel que soit le canal : papier remis en main propre, photo envoyée par message, courrier arrivé au bureau.
- Vérifier si la subrogation s'applique à ce salarié avant de se caler sur les cinq jours : avec subrogation, c'est dès réception qu'il faut transmettre, pas à la limite du délai.
- Confirmer que la DSN événementielle est bien partie, et pas seulement enregistrée en attente de la DSN mensuelle suivante.
Ce qui change avec une application construite pour l'entreprise
Dès qu'un arrêt est reçu sur le terrain, il est photographié et horodaté au même endroit que les heures et les absences, avec une alerte vers la personne qui gère les déclarations. Le compteur légal, cinq jours ou quarante-huit heures selon le cas, reste visible jusqu'à la transmission, et la case subrogation se coche au moment de la saisie plutôt qu'au moment du doute.
Les absences non prévenues découvertes seulement à la paie et les variables de paie qui arrivent toujours en retard viennent du même problème : une information qui existe sur le terrain depuis le premier jour, mais qui met du temps à remonter. Voir aussi ce qu'un suivi du planning et du pointage construit pour l'entreprise peut automatiser.
Ce qu'il ne faut pas faire
Ne pas chercher à remplacer la déclaration DSN elle-même : elle reste faite par le logiciel de paie ou le cabinet, avec ses règles et ses mises à jour. Ce qu'on gagne, c'est le temps entre la réception de l'arrêt sur le terrain et son arrivée chez la bonne personne, pas la déclaration en elle-même.
L'attestation de salaire : ce qu'il faut retenir
Le délai légal n'est pas négociable, mais il démarre à un moment que l'entreprise ne contrôle qu'en partie : la connaissance de l'arrêt, pas sa transmission au bon service. Dater chaque réception le jour même, et distinguer les cas de subrogation, suffit à reprendre la main sur ce compteur.
Dans une entreprise à plusieurs sites, ce même relais perdu se retrouve pour toutes les informations qui naissent sur le terrain avant de remonter au bureau : les heures, les primes, et les arrêts de travail n'en sont qu'un exemple parmi d'autres.

Fondateur et CTO d'Edenio
Jérôme Knops est le fondateur d'Edenio, où il conçoit et développe des applications métier sur mesure pour des entreprises du bâtiment, de la supply chain et de la distribution. C'est lui qui mène les rendez-vous de cadrage, écrit le code, et reste l'interlocuteur quand l'outil est en production.
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