Calculer sa marge avant d'envoyer le devis, pas deux mois après
La marge d'un chantier se révèle souvent à la fin, une fois les heures et les achats compilés. La méthode pour la connaître avant l'envoi du devis, avec un exemple chiffré.

Par Jérôme Knops
Publié le 19 octobre 2026 · 5 min de lecture

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La question part déjà rédigée, avec l'adresse de cet article.
Le devis part, le chantier commence, et c'est à la facture finale qu'un électricien découvre que la marge n'était pas celle qu'il croyait. La réponse courte : la marge se calcule avant l'envoi, pas après le chantier, à partir de trois lignes simples. La suite détaille ces trois lignes et ce qu'elles changent sur un devis réel.
Pourquoi la marge se découvre après, pas avant
Un devis se construit souvent à l'envers : on part d'un prix qui semble raisonnable pour le client, on vérifie que les fournitures rentrent dedans, et la main d'œuvre s'ajuste pour que le total ne bouge pas trop. La marge n'est jamais calculée pour elle-même : elle est ce qui reste, une fois tout le reste fixé.
Trois choses se glissent alors dans l'angle mort :
- Les heures réelles, estimées à la louche plutôt que comptées poste par poste.
- Les frais généraux, rarement répartis sur le devis alors qu'ils pèsent sur chaque chantier.
- La marge visée, qui n'existe nulle part par écrit : personne ne sait si 10 %, 15 % ou 20 % a été appliqué.
Le résultat arrive à la facture finale, quand il est trop tard pour agir : un chantier qui a coûté plus cher en heures que prévu, et une marge réelle inférieure à ce que le dirigeant pensait avoir négocié.
Le calcul en quatre lignes, avant d'envoyer le devis
La méthode tient en quatre lignes, à remplir avant d'envoyer le devis, pas après le chantier. Prenons un électricien qui chiffre une rénovation électrique complète.
| Poste | Détail | Montant |
|---|---|---|
| Fournitures | Matériel et consommables | 4 500 € |
| Main d'œuvre | 70 heures à 38 € chargées | 2 660 € |
| Frais généraux | 8 % du coût direct (7 160 €) | 573 € |
| Coût de revient | Total des trois lignes | 7 733 € |
Une fois le coût de revient connu, la marge visée se fixe en pourcentage du prix de vente, pas du coût de revient : c'est la différence qui change tout sur un devis serré.
Le prix de vente n'est pas ce que dit la calculette
Deux calculs donnent deux prix différents à partir du même coût de revient. Appliquer une marge de 18 % sur le coût (7 733 € × 1,18) donne un prix de vente de 9 125 €, avec une marge réelle de 15,2 % une fois rapportée au prix de vente. Appliquer 18 % sur le prix de vente, en divisant le coût de revient par (1 moins le taux visé), donne un calcul différent.
| Formule | Prix de vente HT | Marge en euros | |
|---|---|---|---|
| Marge sur coût | 7 733 € × 1,18 | 9 125 € | 1 392 € |
| Marge sur prix de vente | 7 733 € ÷ 0,82 | 9 430 € | 1 697 € |
L'écart, 305 € sur un seul devis, se répète sur chaque chantier de l'année si la règle n'est jamais écrite. Fixer une fois pour toutes laquelle des deux méthodes s'applique évite qu'elle change d'un commercial à l'autre, ou d'une humeur à l'autre.
Ce qui change avec une application construite pour l'entreprise
Une application construite pour l'entreprise ne refait pas ce calcul à la main à chaque devis : elle le porte.
- Les prix d'achat les plus récents alimentent la ligne fournitures, sans ressaisie depuis une facture fournisseur.
- Le temps estimé par type de tâche vient d'une bibliothèque propre à l'entreprise, affinée chantier après chantier plutôt que recalculée de mémoire.
- Le taux de frais généraux et la marge visée sont fixés une fois, appliqués partout, et modifiables par le dirigeant seul.
- La marge s'affiche à l'écran avant l'envoi du devis, pas après la signature : le commercial voit ce qu'il accepte de négocier quand un client demande une remise.
Le devis part avec un prix connu, pas un prix espéré. Le reste, relancer ce devis s'il reste sans réponse puis suivre son taux de transformation, s'appuie sur la même donnée écrite une seule fois.
Ce qu'il ne faut pas faire
Fixer une marge cible unique pour tous les chantiers, quel que soit leur risque. Un chantier avec beaucoup d'imprévus (accès difficile, bâtiment ancien, délai serré) mérite une marge visée plus haute, décidée avant l'envoi, pas découverte en cours de route.
Changer la méthode de calcul sans le dire. Si l'entreprise passe d'une marge sur coût à une marge sur prix de vente, tous les devis en cours doivent suivre la même règle, sinon les chiffres d'un trimestre à l'autre ne se comparent plus.
Calculer sa marge avant un devis : ce qu'il faut retenir
La marge d'un chantier ne se découvre pas à la facture finale : elle se calcule avant l'envoi du devis, à partir de trois lignes écrites une bonne fois pour toutes, fournitures, main d'œuvre et frais généraux. La méthode de calcul, sur coût ou sur prix de vente, compte autant que le taux visé : un écart de méthode se répète sur chaque devis de l'année.
Une application qui porte ces trois lignes, avec les prix d'achat à jour et une bibliothèque de temps par tâche, affiche la marge avant l'envoi plutôt qu'après la facture. Le dirigeant négocie alors en connaissance de cause, pas au jugé.

Fondateur et CTO d'Edenio
Jérôme Knops est le fondateur d'Edenio, où il conçoit et développe des applications métier sur mesure pour des entreprises du bâtiment, de la supply chain et de la distribution. C'est lui qui mène les rendez-vous de cadrage, écrit le code, et reste l'interlocuteur quand l'outil est en production.
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