Ce que coûte vraiment un jour de stock
Le coût du stock n'est pas le prix d'achat. Les six postes à additionner pour savoir ce qu'un jour de couverture vous coûte réellement.

Par Jérôme Knops
Publié le 19 septembre 2026 · Mis à jour le 20 septembre 2026 · 6 min de lecture

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La question part déjà rédigée, avec l'adresse de cet article.
Tant que l'argent ne coûtait rien, porter du stock était une question de place. Depuis que l'argent coûte quelque chose, c'est une question de résultat. Beaucoup d'entreprises ont traversé ce basculement sans jamais refaire le calcul — et pilotent encore leurs achats avec un coût de possession estimé à l'époque où il était deux fois moindre.
Le prix d'achat n'est pas le coût
Pourquoi partir du prix rendu et non du prix d'achat ?
Première correction, et elle est lourde : la marchandise que vous portez ne vaut pas ce que vous l'avez payée au fournisseur. Elle vaut ce qu'elle vous a coûté rendue, à quai, prête à vendre.
Selon la géographie et les circuits, une marchandise achetée cent revient couramment à cent dix-huit, cent vingt, parfois cent vingt-cinq : transport principal, transitaire, droits et taxes à l'entrée, manutention portuaire, assurance. Ce coefficient d'entrée est la base de tous les calculs qui suivent, et c'est très souvent une donnée qui vit dans un tableur à côté du système, reconstituée une fois par an.
Si votre coefficient d'entrée n'est pas dans votre système, tout ce que votre système dit de votre stock est faux d'environ vingt pour cent.
Ce que ça change sur une simple comparaison de prix
Deux fournisseurs à cent et cent trois euros ne se comparent pas ainsi : l'un expédie depuis un port desservi deux fois par semaine, l'autre depuis une plateforme qui impose un transitaire. Rendus, ils font cent dix-huit et cent seize. Le moins cher au catalogue est le plus cher à quai — et c'est celui-là qui entre dans votre stock.
Les six postes à additionner
Le coût de possession annuel s'exprime en pourcentage de la valeur du stock. On additionne :
| Poste | Ordre de grandeur annuel | Ce qui le fait varier |
|---|---|---|
| Coût du capital immobilisé | 4 à 7 % | Votre coût de financement réel |
| Entreposage | 2 à 5 % | Loyer, énergie, amortissement des installations |
| Manutention et inventaire | 1 à 3 % | Nombre de références plus que volume |
| Assurance | 0,3 à 1 % | Nature de la marchandise |
| Obsolescence et casse | 2 à 8 % | Le poste le plus sous-estimé |
| Démarque | 0,5 à 2 % | Qualité du suivi |
Total courant : entre dix et vingt-cinq pour cent par an. Dans la distribution technique, quinze pour cent est une hypothèse raisonnable ; sur des produits à cycle de vie court, c'est davantage.
Le poste qu'on sous-estime toujours
Le poste qui surprend le plus est l'obsolescence. Ce n'est pas seulement la marchandise jetée : c'est aussi celle qu'on finit par vendre à perte, et celle qu'on garde en la sachant invendable parce que personne ne veut signer la provision.
Un exemple, pour voir l'ordre de grandeur
Comment calculer ce que coûte un jour de stock ?
Prenons une entreprise qui porte quarante millions d'euros de stock, avec un coût de possession de quinze pour cent par an et une couverture moyenne de cent vingt jours.
| Étape | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| Coût annuel du stock | 40 M€ × 15 % | 6 000 000 € |
| Coût d'une journée de couverture | 6 M€ ÷ 120 | 50 000 € |
| Gain d'une réduction de 20 jours | 50 000 € × 20 | 1 000 000 € |
Un million d'euros de résultat pour vingt jours de couverture. C'est le chiffre qui change les conversations, parce qu'il traduit un indicateur logistique en une ligne de compte de résultat.
Vingt jours, sur le papier, ça n'impressionne personne. Un million, tout le monde comprend.
Et il faut ajouter à ce million la trésorerie libérée, qui est un effet de bilan et non de résultat : quarante millions à cent vingt jours, ramenés à cent jours, c'est un peu plus de six millions d'euros qui reviennent en trésorerie une fois pour toutes.
Ce que le chiffre doit changer
Un coût de possession sert à trois arbitrages, tous quotidiens :
Une remise de volume est-elle toujours intéressante ?
Un fournisseur propose trois pour cent de plus pour doubler la quantité commandée. Si cela ajoute soixante jours de couverture à quinze pour cent annuels, la remise coûte deux et demi pour cent de portage. Il reste un demi-point. Ce n'est plus du tout la même affaire que « trois pour cent offerts ».
Le seuil de solde
Une référence dormante à deux cents jours vous coûte huit pour cent de sa valeur par an. Perdre vingt pour cent aujourd'hui revient donc à deux ans et demi de portage. Si elle ne se vendra pas dans les deux ans, solder est le choix rentable — et cela se démontre au lieu de se discuter.
La quantité économique de commande
Le classique arbitrage entre coût de passation et coût de portage n'a de sens qu'avec un coût de portage juste. Avec une valeur de cinq pour cent héritée de 2019, vos quantités sont systématiquement trop grosses.
Le mettre dans l'outil plutôt que dans un tableur
Le calcul ci-dessus se fait très bien dans un tableur — une fois. Le problème est qu'il ne sert à rien une fois par an : il sert au moment où l'acheteur valide une commande.
Ce que nous mettons dans les applications que nous livrons tient en une ligne affichée à ce moment-là : cette quantité représente N jours de couverture et immobilisera X euros pendant N jours, soit Y euros de coût de portage. Rien de plus. L'acheteur ajuste, ou ne l'ajuste pas, mais il décide en sachant.
C'est la différence entre un indicateur et un outil : l'indicateur se consulte, l'outil se présente tout seul au moment où la décision se prend.
Comment nous rendons ce coût visible
Le calcul ci-dessus ne sert à rien s'il faut le refaire à la main chaque trimestre. Ce que nous mettons en place, c'est le compteur permanent : entrées, sorties et seuils par référence, et le coût de possession qui se met à jour tout seul à mesure que le stock bouge.
Le résultat concret est une liste, pas un tableau de bord : ce qui descend sous sa limite déclenche une commande fournisseur déjà préparée, et ce qui dort au-dessus de sa couverture normale remonte avec son coût annuel en face. La page qui décrit ce module montre à quoi ça ressemble en usage.
Coût du stock : ce qu'il faut retenir
Partez de la valeur rendue, coefficient d'entrée compris, pas du prix d'achat catalogue. C'est l'erreur la plus fréquente et la plus grosse.
Additionnez les six postes plutôt que de reprendre un pourcentage entendu quelque part. Le vôtre a probablement augmenté depuis la dernière fois que vous l'avez calculé.
Puis convertissez votre couverture en euros par jour. Un jour de stock, chez vous, vaut un montant précis. Tant qu'il n'est pas écrit quelque part, personne dans l'entreprise n'arbitre vraiment.
Questions fréquentes
Comment calculer le coût de possession du stock ?
En additionnant six postes exprimés en pourcentage annuel de la valeur du stock : coût du capital immobilisé (4 à 7 %), entreposage (2 à 5 %), manutention et inventaire (1 à 3 %), assurance (0,3 à 1 %), obsolescence et casse (2 à 8 %), démarque (0,5 à 2 %). Le total courant se situe entre dix et vingt-cinq pour cent par an.
Combien coûte un jour de stock ?
Multipliez la valeur de votre stock par votre coût de possession annuel, puis divisez par votre couverture en jours. Quarante millions d'euros à quinze pour cent sur cent vingt jours de couverture donnent cinquante mille euros par jour de couverture.
Faut-il partir du prix d'achat ou du prix rendu ?
Du prix rendu, coefficient d'entrée compris. Selon la géographie et les circuits, une marchandise achetée cent revient couramment à cent dix-huit ou cent vingt-cinq une fois à quai. Si ce coefficient n'est pas dans votre système, tout ce que votre système dit de votre stock est faux d'environ vingt pour cent.
Une remise de volume est-elle toujours intéressante ?
Non. Un fournisseur qui offre trois pour cent pour doubler la quantité vous fait gagner trois points et vous en coûte deux et demi si cela ajoute soixante jours de couverture à quinze pour cent annuels. Il reste un demi-point : ce n'est plus du tout la même affaire que « trois pour cent offerts ».

Fondateur et CTO d'Edenio
Jérôme Knops est le fondateur d'Edenio, où il conçoit et développe des applications métier sur mesure pour des entreprises du bâtiment, de la supply chain et de la distribution. C'est lui qui mène les rendez-vous de cadrage, écrit le code, et reste l'interlocuteur quand l'outil est en production.
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