Ce que coûte une ressaisie, et comment le calculer vous-même
Une information tapée une deuxième fois ne se voit sur aucun compte de résultat. La méthode pour la chiffrer, en heures puis en euros, avant de savoir quoi automatiser en premier.

Par Jérôme Knops
Publié le 8 octobre 2026 · 5 min de lecture

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La question part déjà rédigée, avec l'adresse de cet article.
Une facture arrive par mail, quelqu'un la relit et retape les lignes dans le logiciel de compta. Un devis signé est recopié dans le planning. Un bon de livraison papier redevient une ligne dans l'ERP. Personne ne note le temps que ça prend : il est réparti sur vingt petites tâches, jamais sur une seule ligne de budget. La ressaisie ne coûte rien sur le papier. Elle coûte pourtant, chaque mois, un vrai salaire.
Pourquoi une ressaisie coûte plus qu'il n'y paraît
Trois minutes pour retaper une facture, ce n'est rien. Trois minutes, vingt fois par jour, dans une entreprise de quinze personnes, c'est une heure perdue chaque jour, sans compter les erreurs de saisie qui reviennent plus tard sous forme de relance ou d'écart de stock. Une ressaisie coûte à trois endroits :
- Le temps passé à retaper, qui n'est jamais du temps passé à vendre ou à produire.
- Les erreurs introduites à chaque transcription : un chiffre inversé, une ligne oubliée, une référence mal recopiée.
- Le délai ajouté entre le moment où l'information existe et le moment où elle est disponible pour décider.
Le premier coûte en heures. Les deux autres coûtent aussi, mais se calculent plus difficilement : on commence toujours par le temps.
La méthode en trois étapes
1. Compter les ressaisies, pas les deviner
Sur une semaine, un responsable note chaque fois qu'une information passe d'un support à un autre sans qu'un geste automatique la transporte : un document imprimé puis retapé, un fichier exporté puis réimporté à la main, un message recopié dans un tableau. On compte les occurrences, pas la durée : le chiffre surprend presque toujours à la hausse.
2. Chronométrer une occurrence type
On prend trois exemples représentatifs et on les chronomètre réellement, du document source à l'enregistrement final. On ajoute le temps de vérification, qui fait souvent la moitié du total.
3. Convertir en euros
| Donnée | Exemple |
|---|---|
| Occurrences par semaine | 40 |
| Temps moyen par occurrence | 6 minutes |
| Temps hebdomadaire | 4 heures |
| Coût horaire chargé | 28 € |
| Coût hebdomadaire | 112 € |
| Coût annuel (46 semaines) | 5 150 € |
Ce calcul ne compte qu'une personne et qu'un type de document. Dans une entreprise où trois ou quatre postes ressaisissent chacun leurs propres documents, le total se multiplie vite, sans qu'aucune ligne de charges ne le montre.
Un exemple chiffré
Prenons une entreprise de rénovation de moins de dix personnes. Les bons de commande fournisseurs arrivent par mail, sont imprimés, puis retapés dans le tableau de suivi des chantiers avant d'être classés. Hypothèse : 25 bons par semaine, 8 minutes chacun entre lecture, retype et classement, sur 46 semaines.
| Poste | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Temps hebdomadaire | 25 × 8 min | 3 h 20 |
| Coût horaire chargé | 26 € | |
| Coût hebdomadaire | 87 € | |
| Coût annuel | × 46 semaines | 4 000 € |
Ce n'est qu'un poste parmi d'autres. Une entreprise qui ressaisit aussi les heures, les devis signés et les factures fournisseurs additionne plusieurs lignes de ce type. Nos dossiers montrent que, chez une entreprise de rénovation de moins de dix personnes, les seuls allers-retours pour déposer ou récupérer un papier coûtent déjà plus de 11 000 € par an.
Ce qui change avec une application construite pour l'entreprise
Une application construite sur la façon de travailler de l'entreprise capture l'information une seule fois, à la source. Le bon de commande arrive par mail et sa lecture remplit directement les champs du dossier chantier, sans retype. Le devis signé devient la commande sans qu'on reprenne les lignes. Les heures entrées depuis le téléphone d'un chef d'équipe arrivent directement dans le document de paie, sans passer par un tableau intermédiaire. Ce que l'équipe gagne ne se voit pas dans une case du logiciel : ça se voit dans l'agenda de la semaine, qui a une tâche de moins chaque jour.
Ce qu'il ne faut pas faire
Ne pas automatiser une ressaisie qu'on ne comprend pas encore. Si personne ne sait pourquoi un document passe par trois mains avant d'être classé, le premier travail est de le découvrir, pas de le faire plus vite. Une automatisation posée sur un processus mal compris reproduit simplement l'erreur, en plus rapide.
Le coût d'une ressaisie : ce qu'il faut retenir
Une ressaisie ne coûte jamais rien : elle coûte un temps qui n'apparaît sur aucune ligne de charges, et des erreurs qui se payent plus tard. La compter, la chronométrer puis la convertir en euros donne un chiffre qu'on peut mettre face à un budget de projet, au lieu de rester sur une impression.
Ce calcul, fait sur chaque document qui passe d'un support à un autre dans l'entreprise, dit souvent où construire en premier : voir le budget d'une application sur mesure et pourquoi une facture par utilisateur grimpe à chaque recrutement pour la suite du calcul.

Fondateur et CTO d'Edenio
Jérôme Knops est le fondateur d'Edenio, où il conçoit et développe des applications métier sur mesure pour des entreprises du bâtiment, de la supply chain et de la distribution. C'est lui qui mène les rendez-vous de cadrage, écrit le code, et reste l'interlocuteur quand l'outil est en production.
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